Le septième continent

Pendant une semaine, conserve les déchets de plastique de ta famille. Pose-les ensuite sur le plancher. Combien mesure cette plaque de déchets ? Quelques mètres carrés ? Imagine maintenant si toutes les familles de la Terre gardaient leurs plastiques pour recouvrir la plus grande surface possible. Combien de kilomètres carrés mesurerait cette surface ? On pourrait pratiquement créer un septième continent avec. Mais il existe déjà. Dans l’océan Pacifique, il y a une plaque de déchets qui mesure près de 2700 kilomètres. Imagine une zone de trois fois la superficie du Québec (environ 4.5 millions de km²). Cette zone, profonde de près de 30 mètres de profondeur, contient environ 3.5 millions de tonnes de déchets, dont principalement du plastique. Horreur ! Il s’agit du plus grand dépotoir de la planète !

PlaqueDechets
Comment est-ce possible ?

Chaque année, sur 100 millions de tonnes de plastique produites chaque année, environ 10% finissent dans l’océan. De ce pourcentage, 70% coulent alors que le reste se laisse bercer par les courants marins. En provenance de l’Amérique du Nord et de l’Asie, ces déchets peuvent dériver pendant des années pour rejoindre le septième continent situé au cœur de l’océan Pacifique. La Plaque de déchets du Pacifique Nord s’est créée en raison de différents courants marins qui se rejoignent. Le courant du Pacifique nord, le courant de Californie, le courant équatorial nord et le courant Kuro shivo convergent en ce qu’on nomme un gyre océanique. Les courants entrent en collision, créant des tourbillons océaniques qui prennent en otage les déchets qui s’y retrouvent. Les déchets restent donc pris dans les remous, formant cette fameuse “soupe plastique” ou ce “vortex d’ordures”.

ParticulesPlastiques Illustration : gentlemanrook


Y a-t-il des dangers pour les animaux marins ?

Les matières plastiques, constituées de produits extrêmement toxiques tels le DDT et les PCB, prennent plus de 500 ans à se décomposer. Elles s’accumulent et, au fil du temps, se défont et se transforment en de petites particules, formant une sorte de sable qui flotte. Que doit-on penser de ce sable nocif qui, pour les animaux marins affamés, ressemblent étrangement à leur nourriture ? Les poissons et les oiseaux marins amassent dans leur estomac des particules de plastique qui sont impossibles à digérer. Plus de 267 espèces marines sont victimes de la matière douteuse du septième continent. Et, chaîne alimentaire oblige, ce problème nous touchera bien un jour...

Le sol est fatigué

 

La situation des sols connaît des problèmes à l’heure actuelle. Et je ne fais pas référence au gazon jauni de ton voisin ! La dégradation des sols concerne l’appauvrissement du sol en eau et en minéraux. Tu as déjà entendu parler d’érosion ou de désertification ? Il s’agit des conséquences possibles de la dégradation des sols.

Érosion et désertification
Le sol est principalement exploité dans le secteur agricole. Par chance, les techniques en agriculture ont beaucoup évolué. Il était temps, car les vieilles pratiques d’agriculture intensive ont détruit le sol pendant des décennies ! En effet, plusieurs agriculteurs exploitaient les sols jusqu’au moment où leur productivité commençait à diminuer. Évidemment, tous les minéraux et l’eau des sols étaient drainés. Néanmoins, aussitôt que la productivité diminuait (généralement après 5-6 ans d’exploitation intensive), des agriculteurs poursuivaient en reproduisant le même modèle destructeur sur d’autres terres. Ils délaissaient des champs complètement siphonnées, des champs qui prenaient des décennies à se régénérer pour en drainer de nouvelles.

Aujourd’hui, heureusement, la science a permis de développer de nouvelles pratiques efficaces et écoresponsables pour protéger les sols. Voici les moyens proposés :

  • Les engrais verts (légumineuse ou mélange légumineuse-graminée) améliorent la fertilité du sol et le protègent de l’érosion et du gel;
  • Les brise-vents naturels (rangées d’arbres et/ou d’arbustes) protègent le sol de l’érosion en ralentissant la vitesse du vent;
  • La rotation des cultures (succession de différentes cultures) dans un même champ améliore la fertilité du sol, diminue l’utilisation des pesticides et prévient l’érosion et le cycle des maladies;
  • Les bandes riveraines (herbes et arbustes qui séparent les cours d’eau des champs) préviennent l’érosion des berges, permettent de garder les éléments minéraux et protègent les cours d’eau de la contamination;
  • La technique du semis direct et du travail réduit (travail d’ensemencement moins agressif du sol) protège le sol de l’érosion et favorise l’infiltration.

Semis direct
Il existe plusieurs façons de protéger les sols en agriculture. Pour des informations supplémentaires, tu peux consulter le guide Bonnes pratiques agroenvironnementales distribué par Agri-Réseau. Il y a aussi les sites du MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) et d’Agri-Réseau qui offrent des informations pertinentes et des solutions aux agriculteurs. N’hésite pas à visiter leur site Web ! Le seul problème avec les nouvelles pratiques agricoles, c’est que ce n’est pas tout de les développer, il faut aussi que les gens du milieu les appliquent ! Alors, pour une agriculture durable, parlez-en !

Concept Feuilles



Aspects pédagogiques et enrichissement

Le covoiturage


Détective pour l’environnement, je te propose une enquête. Tu peux la réaliser devant chez toi ou dans l’autobus. Arme-toi de papiers et d’un stylo. En 15 minutes, observe bien les automobiles qui passent. Tu sais que la plupart des véhicules peuvent accueillir cinq personnes. Inscris sur ton papier combien il y a d’occupants dans chaque voiture. Les résultats sont saisissants !


Les statistiques

-Les voitures occupent en moyenne 1.07 passager sur les trajets domicile-travail;
-En Europe, la moitié des trajets automobiles font moins de cinq kilomètres;
-Les transports comptent pour 16% du budget d’un foyer;
-25% de la pollution atmosphérique est lié aux transports, premier émetteur de gaz à effet de serre en France;
-Les émissions des voitures provoquent une pollution de l’air qui cause plusieurs maladies respiratoires, cardiovasculaires et neurologiques ainsi que des allergies.

Une solution : le covoiturage !

Le covoiturage est le principe d’effectuer un trajet commun avec un conducteur non-professionnel (ce n’est pas un taxi ni un autobus) et un ou des passagers. Cette pratique présente de nombreux avantages :

-Personnels : économies personnelles importantes (le covoiturage permet d’économiser près de 2250$ chaque année), réduction du stress;
-Collectifs : diminution des embouteillages et des accidents de la route, réduction des coûts et des besoins en construction et en réparation de routes, diminution des coûts associés à la pollution de l’air.


L’avenir est clairement au covoiturage. Plusieurs projets ont été mis sur pied pour encourager sa pratique : créations de voies réservées, de sites Web gratuits pour les annonces, de système de covoiturage dynamique avec GPS, etc. Les moyens sont multiples et les avantages considérables. Parlez-en !

Quand tombent les arbres...


Partir en vacances pour l’été, n’est-ce pas ce qu’il y a de mieux ? Aller à la plage, à la campagne ou en forêt. Profiter des beaux paysages que seule la nature peut nous fournir. En famille, retrouver un chemin de terre au milieu de la forêt qui nous mènera à un chalet au bord d’un lac. Les histoires autour d’un feu de camp, la nourriture sur le barbecue, le sac de couchage comme couverture. Pendant ces moments, on prend conscience de la richesse de notre environnement. On se rend alors compte d’un lien profond, comme si l’humain était constamment à la recherche d’une coexistence harmonieuse avec la nature. Mais l’équilibre est précaire. En effet, à l’heure où la déforestation gagne en ampleur, c’est à se demander si le futur nous permettra de revivre ces moments inoubliables.


La déforestation

Le phénomène de la déforestation est une régression des surfaces couvertes de forêt. Il ne s’agit pas d’un phénomène récent. Au Moyen-Âge, déjà, le défrichage et les coupes pour le bois de chauffage et comme matériau de construction ont provoqué une déforestation alarmante en Europe. Depuis ce temps, une multitude de pays ont emboîté le pas. Pour l’être humain, la déforestation permet de répondre à deux nécessités : la survie et le développement économique. L’évolution rapide des sociétés requière davantage d’espaces cultivables et de sources d'énergie. Pour progresser, il a donc fallu couper massivement la forêt. Or, détruire la forêt ampute la biosphère d’une partie de ses poumons. En abattant le filtre naturel que sont les arbres et en augmentant abusivement les sources de CO2, le développement des sociétés a rompu l’équilibre de la nature.


Illustration de gauche : Will Ellis

Les causes

L’humain est le plus grand responsable de la déforestation. Encore aujourd’hui, l’agriculture est la principale cause alors que le besoin en bois de chauffage suit de près. 75% des pertes forestières proviennent uniquement de l’expansion agricole. Les pays où la déforestation est la plus marquée sont actuellement à très forte croissance démographique, et pour cause. Les pays sous-développés tentent de développer une meilleure économie. Ils déboisent pour l’agriculture et le bois, ce qui fournit de nombreux avantages économiques, mais aussi de graves conséquences pour les écosystèmes des forêts. Autres facteurs nuisibles : les incendies, la pollution, le tourisme, les guerres, les phénomènes naturels (éruptions volcaniques, raz-de-marée, sécheresses, orages secs), les maladies, les champignons et les animaux (herbivores et insectes phytophages).


Illustrations : Dirk van der Made (Biodiversité) Hubert Stoffels (Eau)

Les conséquences

Depuis 1950, trois grandes zones de déforestations suivent leur cours : l’Amazonie, l’Afrique équatoriale et la zone asiatique Malaisie/Indonésie. En 2005, les forêts occupaient environ 30% des terres émergées du globe. Pourtant, chaque année, environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent, soit l’équivalent de la surface de la Grèce à chaque année. Les conséquences sont catastrophiques.

Jour après jour, la forêt recule au profit de l’homme. Les répercussions sont graves. Non seulement l’être humain est affecté, mais tout ce qui vit sur la Terre. De nombreux spécialistes confirment l’état de la catastrophe. Francis Hallé, botaniste et spécialiste des forêts tropicales : «Les forêts primaires, qui regroupent 75 à 90% de la diversité biologique de la planète, disparaissent peu à peu de la surface de la Terre. À ce rythme, elles auront disparu dans dix ans». Hubert Reeves, dans Mal de Terre, indique que : «on aurait détruit pendant le 20? siècle plus de la moitié de la forêt mondiale». Selon les experts, si le rythme de coupe ne diminue pas drastiquement, la totalité de la forêt aura disparu avant la fin du siècle. Nos enfants pourront donc d’abord observer la disparation des forêts primaires, puis la déforestation totale de la surface de la Terre. Ainsi, je vous conseille de profiter de vos vacances pour vous rapprocher de la nature, pendant qu’elle existe...


Illustration de l'enfant : Azoreg

Aspects pédagogiques et enrichissement

Les aliments, ces grands voyageurs


C’est l’heure de manger. Ta mère t’a préparé un repas fantastique. Tu as l’eau à la bouche. Déjà, tu t’imagines déguster ce délice. Soudainement, tu te rappelles un article renfermant une statistique impressionnante : “En Amérique du Nord, les aliments parcourent en moyenne 2500 kilomètres”. Tu regardes ton assiette. Ton repas a fait beaucoup de chemin avant de se retrouver devant toi. Tu te poses alors des questions. D’où proviennent ces fraises, ce jus d’orange, ces arachides ? Pourquoi parcourent-ils autant de distance ? Quel est l’impact sur l’environnement ? Quoi faire pour réduire ce fameux “kilométrage alimentaire” ?


Le kilométrage alimentaire

Le kilométrage alimentaire calcule le parcours total d’un aliment à partir de sa fabrication jusqu’à son arrivée chez le consommateur. Il adopte une approche globale en prenant en compte les étapes de transformation, les transports utilisés, l’énergie consommée et la distribution. Les résultats sont étonnants ! L’exemple le plus connu provient d’un laboratoire allemand qui a étudié le kilométrage alimentaire d’un yogourt aux fruits en prenant en compte les matières alimentaires, les matières nécessaires à la confection du pot, etc. Et bien, le laboratoire a démontré un total de 9115 km parcourus ! Un pot de yogourt qui fait le quart du tour de la planète, voilà toute une marque olympique !


Illustration : Pinpin

Pourquoi les aliments voyagent-ils autant ?

L’ouverture des marchés a grandement favorisé l’exportation et l’importation de matières alimentaires et de matières pour l’emballage. La mondialisation permet d’exploiter des pays où les conditions de travail sont modestes, voire inexistantes. Les coûts minimes engendrés par les moyens de transports et par la main d’oeuvre bon marché expliquent la raison pour laquelle les compagnies favorisent de plus en plus le transport des aliments. Au Royaume-Uni, la tendance est aussi à la hausse. Le camion étant le moyen de transport d’aliments par excellence, sa quantité de nourriture transportée depuis 1978 a augmenté de 27 % et sa distance parcourue de 50 %. L’augmentation du kilomètrage alimentaire a bien sûr ses impacts néfastes sur l’environnement.


Illustrations (camion) : PRA (automobiles) : Osvaldo Gago

Effets sur l’environnement

L’ouverture des marchés décuple le kilométrage alimentaire et, parallèlement, les émissions de CO² dans l’environnement. Entre 1973 et 1992, aux États-Unis, le transport de cargaisons a augmenté la quantité d’émissions de CO² de 23 %. Plus tard, en 2002, le secteur alimentaire du Royaume-Uni émettaient 8.7 % du total des émissions de CO² du pays. De plus, l’utilisation d’un moyen plus polluant est en gain de popularité : l’avion-cargo. Le trafic aérien a en effet augmenté de 140 % au Royaume-Uni depuis 1992. Il va sans dire que le trafic aérien est le plus polluant des moyens de transport. Le tableau ci-dessous met en relief la pollution émise par les différents moyens de transport. Les données expriment la quantité de CO² libérée sur un kilomètre par le transport d’une tonne de nourriture.

La longue distance engendre d’autres problèmes : la fraîcheur des aliments nécessite une réfrigération coûteuse en énergie et un surplus d’emballages qui accroît les matières résiduelles. Aussi, ces emballages proviennent souvent d’une usine d’un autre pays, ce qui occasionne encore d’autres émissions de CO² en moyens de transport...

En somme, le kilométrage alimentaire pollue triplement, car il y a le transport :

  1. destiné à l’assemblage des éléments de la chaîne de production (aliments de base, emballages);
  2. servant à acheminer les produits aux points de vente et aux distributeurs (épicerie, supermarché, etc.);
  3. utilisé par le consommateur qui se rend régulièrement aux points de vente.

La mondialisation a sa part de responsabilité vis-à-vis la destruction de la couche d’ozone. Pour limiter les dégâts, réduisez le kilométrage alimentaire !

Le mot d’ordre : acheter local !


Illustration : NightThree

La solution la plus simple pour réduire le kilométrage alimentaire est de se procurer des aliments locaux. Pourquoi ? Encourager l’agriculture locale permet de :

  1. réduire grandement le kilométrage alimentaire;
  2. limiter la quantitié d’emballages et de pesticides;
  3. soutenir l’économie locale;
  4. contribuer à la biodiversité agricole;
  5. défendre le principe de la souveraineté alimentaire;
  6. savourer des aliments généralement plus frais et plus nutritifs.

Évidemment, nous n’avons pas tous les moyens d’acheter uniquement des produits locaux. Le prix des fraises de la Californie est plus bas que celui des fraises de mon propre voisin... Aussi, les saisons limitent notre pouvoir d’achat : impossible d’acheter de bons légumes du marché pendant l’hiver. Ces particularités limitent notre pouvoir d’action, mais il faut se questionner sur nos habitudes en tant que consommateur. Afin de prendre des décisions éclairées, il faut demander plus d’informations aux commis des supermarchés, des restaurants et des magasins sur l’origine des aliments vendus. Il est important de connaître la provenance de notre nourriture ! Et toi, combien de kilomètres contient ton assiette ?


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