C’est l’heure de manger. Ta mère t’a préparé un repas fantastique. Tu as l’eau à la bouche. Déjà, tu t’imagines déguster ce délice. Soudainement, tu te rappelles un article renfermant une statistique impressionnante : “En Amérique du Nord, les aliments parcourent en moyenne 2500 kilomètres”. Tu regardes ton assiette. Ton repas a fait beaucoup de chemin avant de se retrouver devant toi. Tu te poses alors des questions. D’où proviennent ces fraises, ce jus d’orange, ces arachides ? Pourquoi parcourent-ils autant de distance ? Quel est l’impact sur l’environnement ? Quoi faire pour réduire ce fameux “kilométrage alimentaire” ?
Le kilométrage alimentaire
Le kilométrage alimentaire calcule le parcours total d’un aliment à partir de sa fabrication jusqu’à son arrivée chez le consommateur. Il adopte une approche globale en prenant en compte les étapes de transformation, les transports utilisés, l’énergie consommée et la distribution. Les résultats sont étonnants ! L’exemple le plus connu provient d’un laboratoire allemand qui a étudié le kilométrage alimentaire d’un yogourt aux fruits en prenant en compte les matières alimentaires, les matières nécessaires à la confection du pot, etc. Et bien, le laboratoire a démontré un total de 9115 km parcourus ! Un pot de yogourt qui fait le quart du tour de la planète, voilà toute une marque olympique !
Illustration : Pinpin
Pourquoi les aliments voyagent-ils autant ?
L’ouverture des marchés a grandement favorisé l’exportation et l’importation de matières alimentaires et de matières pour l’emballage. La mondialisation permet d’exploiter des pays où les conditions de travail sont modestes, voire inexistantes. Les coûts minimes engendrés par les moyens de transports et par la main d’oeuvre bon marché expliquent la raison pour laquelle les compagnies favorisent de plus en plus le transport des aliments. Au Royaume-Uni, la tendance est aussi à la hausse. Le camion étant le moyen de transport d’aliments par excellence, sa quantité de nourriture transportée depuis 1978 a augmenté de 27 % et sa distance parcourue de 50 %. L’augmentation du kilomètrage alimentaire a bien sûr ses impacts néfastes sur l’environnement.
Illustrations (camion) : PRA (automobiles) : Osvaldo Gago
Effets sur l’environnement
L’ouverture des marchés décuple le kilométrage alimentaire et, parallèlement, les émissions de CO² dans l’environnement. Entre 1973 et 1992, aux États-Unis, le transport de cargaisons a augmenté la quantité d’émissions de CO² de 23 %. Plus tard, en 2002, le secteur alimentaire du Royaume-Uni émettaient 8.7 % du total des émissions de CO² du pays. De plus, l’utilisation d’un moyen plus polluant est en gain de popularité : l’avion-cargo. Le trafic aérien a en effet augmenté de 140 % au Royaume-Uni depuis 1992. Il va sans dire que le trafic aérien est le plus polluant des moyens de transport. Le tableau ci-dessous met en relief la pollution émise par les différents moyens de transport. Les données expriment la quantité de CO² libérée sur un kilomètre par le transport d’une tonne de nourriture.

La longue distance engendre d’autres problèmes : la fraîcheur des aliments nécessite une réfrigération coûteuse en énergie et un surplus d’emballages qui accroît les matières résiduelles. Aussi, ces emballages proviennent souvent d’une usine d’un autre pays, ce qui occasionne encore d’autres émissions de CO² en moyens de transport...
En somme, le kilométrage alimentaire pollue triplement, car il y a le transport :
- destiné à l’assemblage des éléments de la chaîne de production (aliments de base, emballages);
- servant à acheminer les produits aux points de vente et aux distributeurs (épicerie, supermarché, etc.);
- utilisé par le consommateur qui se rend régulièrement aux points de vente.
La mondialisation a sa part de responsabilité vis-à-vis la destruction de la couche d’ozone. Pour limiter les dégâts, réduisez le kilométrage alimentaire !
Le mot d’ordre : acheter local !
Illustration : NightThree
La solution la plus simple pour réduire le kilométrage alimentaire est de se procurer des aliments locaux. Pourquoi ? Encourager l’agriculture locale permet de :
- réduire grandement le kilométrage alimentaire;
- limiter la quantitié d’emballages et de pesticides;
- soutenir l’économie locale;
- contribuer à la biodiversité agricole;
- défendre le principe de la souveraineté alimentaire;
- savourer des aliments généralement plus frais et plus nutritifs.
Évidemment, nous n’avons pas tous les moyens d’acheter uniquement des produits locaux. Le prix des fraises de la Californie est plus bas que celui des fraises de mon propre voisin... Aussi, les saisons limitent notre pouvoir d’achat : impossible d’acheter de bons légumes du marché pendant l’hiver. Ces particularités limitent notre pouvoir d’action, mais il faut se questionner sur nos habitudes en tant que consommateur. Afin de prendre des décisions éclairées, il faut demander plus d’informations aux commis des supermarchés, des restaurants et des magasins sur l’origine des aliments vendus. Il est important de connaître la provenance de notre nourriture ! Et toi, combien de kilomètres contient ton assiette ?